
L’or (XAU/USD) tente de se redresser au-dessus du seuil de 4 000 $ vendredi, après avoir reculé à 3 986 $ durant la séance asiatique, son plus bas niveau depuis juillet. Ce rebond intervient alors que des acheteurs profitent du repli pour se positionner après la forte baisse de jeudi, au cours de laquelle le métal a perdu 2,81 %. Au moment de la rédaction, le XAU/USD s’échange autour de 4 028 $, en passe d’enregistrer une perte hebdomadaire de plus de 3 %.

Les analystes de Rabobank évoquent « une journée brutale pour les marchés jeudi », soulignant que le S&P 500 a reculé « de 1,2 % à 7 663 $, plombé par l’indice des semi-conducteurs de la Bourse de Philadelphie, qui a poursuivi sa baisse jusqu’à son plus bas niveau depuis juillet de cette année ». À cette forte baisse des actions a répondu une nette hausse des obligations d’État. Rabobank souligne ainsi que « les mauvaises nouvelles pour les actions ont fait le bonheur des bons du Trésor américain, le rendement américain à 10 ans étant repassé sous les 5 % pour la première fois depuis septembre, malgré la hausse des prix de l’énergie, tandis que celui à 2 ans est repassé sous les 4,75 % ».
L’or n’a pas profité de la chute des actions ni de la baisse des rendements des bons du Trésor américain jeudi, plusieurs facteurs ayant pesé sur le métal. Les tensions au Moyen-Orient maintiennent une pression haussière sur les prix de l’énergie, le pétrole West Texas Intermediate s’échangeant autour de 100 $ le baril, près de ses plus hauts de cinq semaines. Les pressions inflationnistes qui en résultent renforcent les anticipations de maintien des taux d’intérêt à des niveaux élevés plus longtemps. Cela augmente le coût d’opportunité de la détention d’un métal qui ne génère aucun rendement.
Certains opérateurs ont également pu vendre des métaux précieux pour couvrir leurs pertes sur les actions. Des ventes motivées par des facteurs techniques ont probablement accentué la pression après que l’or a enfoncé la fourchette de 4 100 à 4 200 $, dans laquelle il s’était globalement maintenu depuis le début du mois d’octobre.
Dans ce contexte, l’or reste vulnérable à de nouvelles ventes lors des rebonds, tandis que le dollar américain et les rendements des bons du Trésor montrent également des signes de stabilisation après les baisses de jeudi. L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de six grandes devises, évolue autour de 101,78, en hausse de 0,14 %. Le rendement de référence des bons du Trésor américain à 10 ans se situe autour de 4,99 %.
Plus tard vendredi, les opérateurs surveilleront les estimations préliminaires des indices des directeurs d’achat (PMI) de S&P Global pour octobre, ainsi que les résultats définitifs de l’enquête de l’Université du Michigan sur la confiance des consommateurs, notamment les anticipations d’inflation.
La banque centrale américaine devrait, selon un large consensus, laisser ses taux d’intérêt inchangés après les avoir relevés de 25 points de base (pb) en septembre. Les opérateurs observeront la manière dont les responsables monétaires arbitrent entre les risques inflationnistes persistants et les craintes qu’un ralentissement des investissements liés à l’IA ne pèse sur la croissance économique. Tout signal indiquant qu’une nouvelle hausse des taux reste possible en décembre pourrait limiter le rebond de l’or.

Sur le graphique journalier, le XAU/USD prolonge sa correction sous toutes les principales moyennes mobiles et conserve un biais baissier à court terme. La dynamique reste faible : l’indice de force relative (RSI) évolue près de 35 et se rapproche de la zone de survente, tandis que l’indicateur de convergence-divergence des moyennes mobiles (MACD) reste en territoire négatif, sous zéro. Ces signaux suggèrent que les forces baissières dominent toujours, malgré une légère hausse de l’indice directionnel moyen (ADX), autour de 24, qui indique un renforcement progressif de la tendance.
À la hausse, une résistance immédiate se situe au seuil psychologique de 4 100 $, suivie d’un autre obstacle horizontal à 4 200 $. Ce dernier renforce le rôle de la moyenne mobile simple (MMS) à 100 jours, toute proche à 4 224 $, en tant qu’obstacle majeur à toute tentative de rebond. Au-delà, la MMS à 50 jours, à 4 302 $, barre la route vers la zone des 4 400 $, tandis que la MMS à 200 jours, à 4 509 $, constitue la borne supérieure de la structure baissière d’ensemble.
À la baisse, une incapacité à se maintenir au-dessus du seuil psychologique de 4 000 $ pourrait entraîner des pertes plus importantes, mettant à l’épreuve un premier support à 3 950 $, puis la zone des 3 900 $. Une cassure durable sous cette dernière pourrait ouvrir la voie à une nouvelle baisse vers 3 800 $.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée avec l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
L’or a joué un rôle clé dans l’histoire de l’humanité, ayant été largement utilisé comme réserve de valeur et moyen d’échange. Aujourd’hui, au-delà de son éclat et de son utilisation en joaillerie, le métal précieux est largement considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire un placement jugé intéressant en période de turbulences. L’or est également largement perçu comme une protection contre l’inflation et la dépréciation des devises, car il ne dépend d’aucun émetteur ni gouvernement en particulier.
Les banques centrales sont les plus grandes détentrices d’or. Afin de soutenir leur monnaie en période de turbulences, elles ont tendance à diversifier leurs réserves et à acheter de l’or pour renforcer la perception de la solidité de leur économie et de leur monnaie. D’importantes réserves d’or peuvent inspirer confiance dans la solvabilité d’un pays. En 2022, les banques centrales ont ajouté à leurs réserves 1 136 tonnes d’or, d’une valeur d’environ 70 milliards de dollars, selon les données du Conseil mondial de l’or. Il s’agit du volume annuel d’achats le plus élevé depuis le début des statistiques. Les banques centrales d’économies émergentes comme la Chine, l’Inde et la Turquie augmentent rapidement leurs réserves d’or.
L’or présente une corrélation inverse avec le dollar américain et les bons du Trésor américain, qui constituent tous deux des actifs de réserve et des valeurs refuges majeurs. Lorsque le dollar se déprécie, l’or a tendance à progresser, permettant aux investisseurs et aux banques centrales de diversifier leurs actifs en période de turbulences. L’or est également inversement corrélé aux actifs risqués. Une hausse des marchés boursiers tend à peser sur le cours de l’or, tandis que les mouvements de vente sur les marchés plus risqués ont tendance à favoriser le métal précieux.
Le cours de l’or peut évoluer sous l’effet de nombreux facteurs. L’instabilité géopolitique ou les craintes d’une profonde récession peuvent rapidement le faire grimper en raison de son statut de valeur refuge. En tant qu’actif ne générant aucun rendement, l’or a tendance à progresser lorsque les taux d’intérêt baissent, tandis qu’un coût de l’argent plus élevé pèse généralement sur le métal jaune. Toutefois, la plupart des mouvements dépendent de l’évolution du dollar américain (USD), puisque l’or est coté en dollars (XAU/USD). Un dollar fort tend à contenir le cours de l’or, tandis qu’un dollar plus faible est susceptible de le faire monter.